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CERVANTES ET VELAZQUES
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La mine de Don Quichotte
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Le Cervantes apparu sur le fond d'une imprimante laser
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Cervantes
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Cervantes investi Docteur Honoris Causa par la presse rose
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Don Quichotte et Sancho
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Don Quichotte et Sancho
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Don Quichotte
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Ce qu'il veut Don Quichotte c'est devenir empereur
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Don Quichotte récupère
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Huit questions à Maître Bustamante
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REFERENCES A LA CULTURE ESPAGNOLE |
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Tes références à la culture espagnole sont constantes : Cervantes et Velazquez notamment. Qu'est-ce qu'ils t'apportent ? Quel sens et quelle importance leur donnes-tu dans et pour l'art actuel ?
C'est vrai et c'est normal que la culture espagnole me parle. Je suis espagnol, catalan de surcroît. Miguel de Cervantes, qui fut notamment l'auteur du Don Quichotte de la Manche, eut préalablement une vie d'aventure : il perdit un bras à la bataille de Lépante et fut prisonnier des pirates barbaresques. A lui seul, il est une épopée, une oeuvre d'art. Velázquez, qui influença Manet et l'impressionisme, est un des plus grands coloristes en même temps qu'un architecte de l'espace et de la lumière. Francisco de Quevedo, qui écrivit la Historia de la vida del Buscón, llamado Don Pablos, ejemplo de vagabundos y espejo de tacaños dont le titre a été traduit –ou plutôt réduit- en français comme Vie de l'Aventurier Don Pablo de Ségovie, a dans ses romans et poésies picaresques une esthétique du baroque incomparable. Nos deux écrivains, Cervantes et Quevedo ont des personnalités très différentes qui en font des personnages littéraires universels : Cervantes l'honnête et Quevedo le cynique. Quand je faisais mon service militaire en Espagne, une blague circulait parmi les soldats : Article premier : tout homme espagnol de naissance, par ce seul fait, sera sévèrement puni. Cette aimable plaisanterie est tout à fait dans l'esprit de Cervantes, même s’il l’aurait probablement reniée.
La personnalité de cet immense écrivain est à mes yeux l'image d'un géant à la Gulliver, condamné à vivre dans un monde de Lilliput. Jonathan Swift a créé ce personnage qui visite des contrées imaginaires où vivent des géants. Cervantes est lui aussi un découvreur de l'imaginaire, du fantasme et du rêve. Je crois que son roman Don Quijote est la meilleure preuve du retard de l'Espagne pendant des siècles par rapport à d'autres pays européens. Je prétends que Don Quijote n'a rien de quixottesque. Il s'agit d'un paranoïaque ambitieux qui n'est pas au courant des acquis de son temps. Il craint, un moment, d'être vaincu par une arme à feu.
Nous n'avons pas su lire cette oeuvre admirable. Miguel de Unamuno est en grande partie responsable de ce détournement de la figure du protagoniste en voulant faire d'un homme ambitieux un homme généreux. Unamuno pensait que l'Espagne de son époque avait besoin d'un tel personnage. Or, Don Quijote n'était pas le bon exemple. Le Cid Rodrigo Diaz de Vivar aurait été plus approprié, le Cid campeador, le Seigneur qui gagne des batailles, des vraies batailles.
De fait, j'essaie de remettre Don Quichotte à la place où je crois que Cervantes voulait qu'il fut. Je suis toujours sensible à l'introduction de personnages du passé dans notre siècle. Mes travaux, tel celui du Don Quijote CD, incorporent des éléments de l'ère industrielle et de la culture électronique. C'est une manière de prolonger la vie de ce personnage au delà du cadre du roman.
Sans doute suis-je déraisonnable de penser que je vais ainsi gommer l'image que Gustave Doré a donné du personnage de Cervantes. Il est regrettable qu'aujourd'hui encore on ne puisse lire le Quichotte sans avoir en tête l'image insistante de l'illustrateur français. L'irréalisme de mes images offre au lecteur toute liberté pour créer sa propre figure de Don Quichotte, d'après Cervantes et non d'après Doré.
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Première question à Maître Bustamante
Deuxième partie de la deuxième question |
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